LA LINEA à SAN FERNANDO (Sancti Petri)
Et le rocher de Gibraltar qui accroche tous les nuages de passage...

Vendredi 15 avril : Avons fait plus ample connaissance avec nos voisins de ponton n° 3. Un couple de retraités, partis initialement de Nice pour un an, mais ont déjà 5 ans de Méditerranée (Grèce, Turquie.. ), voilier GHOST. Et aussi, sur le ponton 7, un jeune couple d'Annecy, parti de Port-Camargue pour une année sabbatique, avec deux enfants scolarisés à bord. Ils sont sur le retour, voilier logo «La Tortue».
Pour faire plaisir aux jeunes enfants, nous sommes tous allés diner au Mac Do. Enfin des frites ! Il est prévu un diner à bord chez les jeunes, lundi soir.
Déjà 3 semaines que nous sommes ici. On regarde la prochaine fenêtre météo pour continuer notre route vers l'Ouest.
Lundi 18 avril : Départ prévu demain. Vers 18 h, on passe à la Capitainerie pour régler, car on veut partir tôt, demain matin. Surprise inattendue ! Ca ferme à 18 h. On s'était habitué aux horaires espagnols, avec fermeture à 21 heures. Serait-ce la proximité de Gibraltar qui influe sur leurs horaires ? Heureusement, on avait pris un peu de marge pour passer le Détroit avec la bonne heure de marée. Mais ça va nous faire arriver en pleine nuit à Chipiona (embouchure du Guadalquivir).
Jac peaufine les heures de marées et la route à prendre. En quittant La Linea, il est préférable de longer la côte pour avoir moins de courant. La mer se déverse dans l'océan, ou l'inverse.
Mardi 19 avril : On voulait partir tôt. Mais départ de La Linea à 9 h 30, la Capitainerie n'ouvrant qu'à 9 heures. Pour ne pas perdre de temps, Jac s'est amarré au quai d'accueil car à pied c'est ¼ h depuis le ponton où on est. Accueil sympathique pour le paiement. On me propose un café... en anglais. Je leur réponds en espagnol. On n'est pas à Gib... !
Au départ, du vent juste comme il faut et pas trop de houle. On passe sans problème Tarifa, réputé pour son vent, ses véliplanchistes et ses éoliennes. Dépassé le Cap de Trafalgar à bonne allure. Jusqu'à Barbate, ça va. Au-delà, ça devient stressant : forte houle en vent arrière. A 1 heure de Sancti Petri, Jac me dit qu'on s'arrête là. On commençait à fatiguer.
La houle est forte. L'entrée à Sancti Petri se fait par une passe en chicane (très bien signalée). Avec le courant de marée et le vent dans l'autre sens, la passe ressemble à de l'eau en train de bouillir à gros bouillons dans une casserole géante. Très impressionnant ! On ferme la porte de descente pour ne pas inonder le carré. Jac accélère le moteur. Je surveille le compte-tours. Puis on entre dans le fleuve en slalom à cause de tous les bateaux sur corps-morts. C'est plus calme, mais très encombré et il faut rester dans le chenal. On n'envisageait pas d'aller à la marina. Elle est juste à l'entrée. On s'en va plus loin...
On remonte le fleuve pendant une heure et demi jusque vers San Fernando. Il ne pose pas de problème de profondeur, mais les quillards doivent rester dans le chenal. On a tout de même remonté un peu nos 2,50 m de quille, et je guidais Jac en suivant, sur l'ordinateur de bord, la position du bateau dans le chenal.
Il y a aussi une marina à San Fernando, plutôt pour des petits bateaux et vedettes. Pour reprendre nos habitudes agréables et économiques on s'est trouvé un endroit tranquille pour mouiller. Pour moi, c'est une première expérience de mouillage dans un fleuve avec marée. Jac se croyait en Bretagne, rochers en moins. Les rives ne sont pas accessibles (marées et vase). On a vu un pêcheur de crustacés s'enfonçant jusqu'aux genoux. Pour aller à terre, il faut prendre l'annexe à moteur à cause du courant de marée, et aller au ponton vers la marina.
Pour la photo du bateau mouillé sur le fleuve, ce ne sera pas pour cette fois-ci. Il faut gonfler l'annexe, positionner le moteur, le mettre en route (il n'a pas tourné depuis plusieurs mois), mettre à l'eau et risquer une photo éclaboussée. Donc, photo prise depuis Coquillage. Le paysage n'est pas grandiose, mais c'est reposant après une journée de nav.

Mercredi 20 avril : On change notre endroit de mouillage. Le vent va souffler fort. On part se protéger dans un méandre du fleuve. Ca nous rappelle l'étang de Peix, à Formentera, ou le fetch était important. Ici, la ria est large d'environ 200 m. Et à marée haute, tout est inondé. On se croirait sur un lac immense, dans un parc naturel.
fetch = Distance, en mer ou sur un plan d'eau, au-dessus de laquelle souffle un vent donné sans rencontrer d'obstacle... http://fr.wikipedia.org/wiki/Fetch
Une vedette des Douanes nous aborde pour nous dire de mouiller un peu plus dans le chenal car avec le vent et la marée, on risquait de toucher le fond. On obéit gentiment, mais avec nos 65 cm quille relevée Jac ne stresse pas. On a tout de même mis en route le compte-minutes pour vérifier la profondeur jusqu'à la basse mer. Ensuite, on peut dormir tranquilles et dans le grand calme.
Que ce soit Jac ou moi, ici on n'a plus l'impression d'être en Espagne : climat, marées, paysage. C'est déjà un autre dépaysement. Ca nous fait même étrange de consommer de l'huile d'olive à l'ail et au persil. Le paysage et le climat ne cadrent pas.
Jeudi 21 avril : Ca souffle, et il pleut toute la matinée. Puis à marée haute descendante, le soleil revient. C'est comme en Bretagne ! Par contre, ce qui n'est pas comme en Bretagne, c'est un vol de flamands roses au ras de l'eau. Magnifique ! Couleur rose sur fond de mer/fleuve bleu-vert.
Vendredi 22 avril : Pluie, petites éclaircies... et 13°. C'est la première vraie pluie depuis notre départ... en octobre. On oubliait qu'on est en Atlantique, et en avril ! Avec le ciel gris, les panneaux solaires ne fournissent qu'un ampère/h. L'ordinateur en consomme trois. On doit gérer. Hier soir, on a diné aux bougies. Très économique en énergie.
Nous sommes à 1 km de la ville, mais on arrive à capter plus ou moins une wifi. Pratique pour la météo, car on ne va pas aller à terre. Demain, les conditions sont bonnes pour repartir, sans doute encore sous la pluie.
