VACANCES PORTUGAISES
Ile de CULATRA
Jeudi 19 juillet 2012 : Les incendies de l'été. La France n'en a malheureusement pas l'exclusivité. Le vent fait tomber les cendres sur la lagune, et Jac doit rincer le pont du bateau.
Vendredi 20 juillet : Etrange éclairage, dans la matinée. La marée a nettoyé le sable, mais le soleil n'arrive pas à percer le ciel chargé de cendres. On voit à peine les avions prêts à atterrir. La piste est à 5 km.
LOULÉ
Samedi 21 juillet 2012 : Loulé, à 15 km de Faro dans les terres.
Comment s'y rendre depuis Culatra : ferry Culatra-Olhão de 7 h 45. Puis bus Olhão-Faro et Faro-Loulé. Attention aux horaires de bus, le samedi. Il n'y en a pas beaucoup. Quant au train, la gare de Loulé est à 5 km du centre-ville et les bus pour y aller sont rares aussi. Nous avions lu qu'il y avait une navette entre la ville et la station, mais les horaires ne sont pas évidents pour une correspondance train. Pour le retour, on a eu de justesse le bus Faro-Olhão. Et pour ceux qui rateraient le dernier ferry Olhão-Culatra, un taxi-bateau revient à 25 € le trajet.
Loulé est une ville de moyenne importance. Il y a un Office du tourisme à l'arrivée du bus, un château, des musées, un hôpital... et tous les samedis matin, un marché vêtements et babioles, en plus du marché couvert. Mais, contrairement à ce que nous avions lu, il n'a rien d'exceptionnel. Trop touristique à notre goût.
Nous déjeunons dans un self « au kilo » (contenu de l'assiette pesé, comme les restos brésiliens) pour quelques euros. Mais il fait très très chaud, 41° affichés à la pharmacie, et le courage nous manque pour mieux visiter la ville.
Les églises
Le marché couvert
FARO
Grand rendez-vous motos. Il en vient de partout. Elles sont astiquées et ça brille. Mais elles font du bruit.
CULATRA
Le photographe de bord sort le zoom (vue du bateau).
Mercredi 25 juillet : La plage de Culatra est notre promenade la plus proche. On fait 20 m pour aller à terre à pied, ou en annexe selon la marée. On traverse la dune et on y est. D'est en ouest, la plage s'étale sur 7 km de long. L'île ne fait souvent que 400 m de large, 1 km au plus. Il y a deux villages et, entre les deux, une petite zone militaire avec quelques maisons. Aujourd'hui, nous allons jusqu'au deuxième village, Farol (le phare, en portugais). Il a d'ailleurs son phare puisque c'est la passe océan-lagune.
Une rue de Farol – pas de voitures sur l'île.
Le phare de Farol (île de Culatra).. et sa zone sans stress -transats-ombrages-chapeaux de soleil-.
Mouillage entre Farol et Ilha da Barreta (aussi nommée Ilha Deserta), une belle langue de sable déserte.
Déjà fin juillet. On farniente dans le lagon, et pensons malgré tout à la suite du programme. Les projets nous font avancer sans regarder en arrière. Dans un mois, nous irons naviguer dans les rias entre le Guadiana et le Guadalquivir. Début d'un lent retour sur Séville ! On repartira peut-être vers l'ouest, après le break hivernal.
La plage, pas si déserte que ça !

Mardi 31 juillet : Le voilier Swadoune (encore un de Gelves) vient d'arriver dans la lagune. Ils passent nous voir à bord. Plus tard, dans l'après-midi, on va sur Bohême. Jacques et Nelly nous invitent à diner pour le lendemain. En tenant compte de l'heure de la marée basse, nous allons à pied de notre bateau sur le leur. Ils sont aussi dans le lagon.
Toujours de nouvelles rencontres, enrichissantes et variées. Des personnes de tout vécu sur l'eau ou à terre, des voiliers de tout budget. Ceux qui peuvent encore dépenser un peu, et ceux qui vivent avec le minimum... Mais il n'y a pas de barrière sociale. On se tutoie en plusieurs langues, partage un repas, devient amis de court ou longue date. En bientôt deux ans sur l'eau, c'est une liste de 39 voiliers...
Vendredi 3 août : A marée basse, on va « en ville » pour dénicher Mairie et Poste. Le village n'est pas bien grand, mais on n'a pas tout exploré, même l'été dernier. Avec les explications qu'on nous a données, on finit par arriver devant. Mais tout est très discret. On peut effectivement passer devant sans trop s'en rendre compte.
Sur l'île, le courrier n'est pas distribué. Il y a un nombre important de boîtes postales sur le mur extérieur de la Poste. Il paraît que la Poste Restante marche très bien. Il y a une boîte et on fouille dedans sans avoir à demander à la postière.
L'île de Culatra comptent environ 1.000 habitants. On y trouve finalement pas mal de choses. Le village principal, Culatra (même nom que l'île), a ses pêcheurs et son port de pêche. Farol est plus touristique. On peut trouver des locations chez l'habitant.
Le port de pêche de Culatra. Derrière, un des mouillages pour les voiliers.
Samedi 4 août : Expédition à Olhão. On part remplir les bidons d'eau et faire le marché. Mais on y va avec la grosse annexe et son moteur 2 CV, en traversant tout droit à mi-marée. C'est 1 mille de moins que par le chenal. Aujourd'hui il faut partir à 6h30 pour avoir la bonne hauteur d'eau. Par précaution, on prend une ancre, une pince et une goupille de rechange au cas où l'hélice toucherait, et les avirons.
Départ 4 h avant la marée basse. Il nous aura fallu ¾ h pour faire les 2 milles. Pour le retour Jac calcule qu'on peut partir d'Olhão à partir de 13 h. Mais il y a le courant de la marée montante, et un peu de vent. Il craint de ne pas avoir assez d'essence. Nos amis de Troll sont mouillés pas loin. Ils sont venus au marché avec leur voilier. On s'invite pour une partie du repas et le café. Pierre nous donne 1 l de mélange huile/essence. Et on peut traverser direct. Un bon clapot en traversant le chenal avec l'annexe, mais bien arrivés à bord. Il faut préciser que certains font la « traversée » à la rame, en kayak ou petite annexe. Plus d'une heure dans chaque sens.
A Olhão on voit Michel, bateau Qaswa. On croise toujours quelqu'un en allant au marché du samedi ! Il nous invite demain à son anniversaire. Ça tombe bien, il nous dit de venir vers 17 heures et c'est marée haute. On pourra donc sortir de notre lagon avec la grosse annexe, mais cependant ne pas rester des heures car la marée va redescendre. Il est mouillé dans l'anse nord-est de Culatra.
Cette période estivale reste très conviviale. En ce moment il y a 4 bateaux français dans le coin, dont 2 sont des amis « de longue date » de Puerto Gelves. Voilà pour notre début de vacances portugaises.
Dimanche 5 août 2012 : Je me demandais depuis combien de temps on traîne dans la lagune de Faro. Depuis notre départ de Gelves, fin avril, on est resté un mois à Alvor et trois mois ici. Le temps passe sans s'en rendre compte. Il y a des lieux magiques, comme celui-ci, qui donnent envie de s'y éterniser. L'Algarve au Portugal, l'Andalousie en Espagne.
Ce soir, anniversaire de notre ami Michel sur Qaswa. Il est mouillé à un mille de nous. C'est marée haute. Avec l'annexe, on coupe au plus court, sans tenir compte des hauts fonds. Ça passe. Ambiance chaleureuse à bord, entre anciens de Puerto Gelves. On traîne et ne part qu'à la nuit tombée. La mer redescend depuis un certain temps. Et je trouve qu'on n'y voit pas grand chose, mais Jac voit clair dans le noir. On s'oriente avec le phare et les lumières du village.
Premier obstacle, une remontée de sable. On relève le moteur, descend de l'annexe et lui fait passer la petite langue de sable d'un mètre de large. Ça repart au moteur. Mais rapidement, à nouveau on touche le fond. Le moteur ne redémarre plus. On fera le reste du trajet moitié à pied en tirant l'annexe dans 30 cm d'eau, et moitié à la pagaie. A l'arrivée dans le lagon, Jac doit tirer l'annexe sur le sable mouillé car la mer ne nous a pas attendus pour continuer de descendre.
Mercredi 8 août : Encore un familier de Gelves qui aperçoit notre voilier dans le lagon, et vient nous voir. Par curiosité, je regarde la température à Séville. 45° à l'ombre, à 15 h ! Ils fuient tous Séville, l'été. Il fait chaud en bord de mer, mais rien à voir avec la température « dans les terres ». Sur le fleuve Guadiana, même chaleur qu'à Séville. En juillet l'an dernier, quand Jac était parti de Gelves, en arrivant en bord de mer il a du mettre la polaire. Il faisait « seulement » trente degrés. Soit 10 à 15° de moins.
Températures habituelles à Séville, en été. Ce sont des moyennes. 50° ne sont pas rares. 
18 heures. La mer remonte dans le lagon. Il y a déjà 60 cm d'eau. Encore 5 cm et le bateau va flotter à nouveau. Dehors, il fait 31° et 29° dans l'eau. Il ne manque que les cocotiers ! Je pars nager dans les endroits un peu plus profonds... et me laver (savonnette sans savon, idéal avec l'eau de mer). Au retour, rinçage avec le vaporisateur eau douce.
La mer n'a pas une ride. Il n'y a pas un bruit. Ici, c'est un endroit sans stress, apaisant. Il y a d'autres voiliers comme nous. On communique peu. Mais ils sont là. On n'est pas seuls. C'est l'opposé de l'ambiance Gelves. On se repose. Même Jac a arrêté de bricoler. On laisse ça pour cet hiver.
Bientôt, fin de nos vacances portugaises. Nous allons remonter doucement sur Séville. En navigation côtière, nous repasserons par Tavira, et le fleuve Guadiana. Puis Isla Cristina... et tout ce qu'on n'a pas encore découvert sur cette petite partie de la côte espagnole entre le Guadiana et le Guadalquivir. Il y a plusieurs rias où naviguer. On doit être remontés à Puerto Gelves, fin septembre pour mise à sec et petit retour en France.
Notre pavillon français prend un coup de vieux. Il va falloir en confectionner un neuf.
Vendredi 10 août : Au mouillage, pratiquement pas de vent. On en profite pour faire des essais avec le spi.
Jacques, du voilier Bohême, nous confectionne une chaussette (sac) pour le ranger prêt à servir. Et il faut aussi retailler le spi, un peu trop long. On lui ôte une laize.
Samedi 11 août : Les pêches plates s'appellent des « uruguay ». Elles sont très bonnes. On en trouve beaucoup au marché.
Comme tous les samedis selon l'heure de la marée haute, trajet d'une petite heure dans chaque sens, pour aller au marché et faire un plein d'eau. Et comme d'habitude, on croise les habitués Les uns passent tout l'été ici, jusqu'en novembre. Les autres attendent le bon moment pour descendre aux Canaries et vers les tropiques.
De retour au bateau, voici nos autres voisins qui viennent à portée d'objectif.

Lundi 20 août : 7 h 15, lever de soleil sur le lagon. La nuit s'estompe. Le ciel va progressivement devenir bleu. La température avoisinera les 30°.
En prenant la météo, je vois « tempête tropicale Gordon » sur les Açores - rafales 140 km/h - vent F9 - vagues 5 m. Une rafale enregistrée à 80 nd (170 km/h) sur l'île de Santa Maria.
Il n'aurait pas fait bon y être dans une marina mal protégée ! Et nous sommes en été, époque où l'anti-cyclone est censé protéger les îles des dépressions.
Archipel des Açores
A marée basse, les cigognes se promènent dans le lagon. Aujourd'hui, il y en a une quinzaine. Leur nombre va croissant de jour en jour. Ce doit être la période des migrations.
Elles marchent délicatement sur le sable mouillé, dans 5 cm d'eau de mer. Elles cherchent leur déjeuner. Parfois, on voit un petit crabe au bout de leur long bec. En un rien de temps, il est avalé vivant.
Les cigognes sont de gros oiseaux très calmes. Elles marchent très lentement et tous leurs gestes sont au ralenti. Mais parmi tous les oiseaux de la lagune, c'est le plus farouche. Elles restent à distance du bateau.

Vendredi 24 août : La mer redescend, mais il y a encore assez d'eau pour un kayak. Et voici Michel qui vient nous voir à la pagaie. Pause café et radio-ponton : Troll vient de partir pour les Canaries, Neguas va remonter à Puerto Gelves... Mais la mer continue de descendre et Michel doit s'en retourner avant d'être bloqué. Le temps a passé trop vite. C'est déjà l'heure du repas...
Lundi 27 août : Toujours aussi beau temps, et toujours aussi calme. Par ma « porte-fenêtre » je vois la mer qui redescend. On comence à distinguer quelques îlots de sable. Dans une heure, il ne restera qu'une étendue de plage avec quelques petits ruisseaux d'eau salée.
Un beau catamaran vient d'arriver. Leur pavillon est australien. Avec de l'eau à peine jusqu'aux genoux, tee-shirt et chapeau pour se protéger du soleil, ils sont déjà à nettoyer leur coque. Ils sont sans doute en courte escale, sur leur longue route autour du monde...
Sur les voiliers, il y a parfois des chiens ou des chats. Celui-ci est un habitué. Chaque jour, il passe des heures à sauter dans l'eau peu profonde.
Tout près du bateau, Madame Cigogne, une habituée des lieux.
Début septembre, je dois remonter en Bretagne. Jac va rester seul pour mener le bateau à Séville, à la fin du mois. On se retrouvera à Hyères...
