La remontée du GUADALQUIVIR
Samedi 23 avril 2011 : On lève l'ancre à 8 h. La marée descendante nous mène vers la mer. Sortie de la passe de Sancti Petri, une heure plus tard. Pas beaucoup de vent, donc moteur. Puis nav sous voiles, en vent arrière.
A la pointe de Chipiona, on tourne vers le chenal d'entrée du Guadalquivir.
C'est marée montante. Bonnes conditions pour entrer dans le fleuve

La mer, ou le fleuve, est couleur café au lait très clair. Nous commençons une remontée tranquille du Guadalquivir sous grand-voile et foc. Croisé deux voiliers, qui descendent vers la mer. Rien d'autre.
Embouchure du Guadalquivir

Sur l'ordinateur, un cargo s'annonce. Il descend le fleuve. Et un autre cargo, dans le sens inverse. On est entre les deux. Ils vont vite, pas nous. On se croisera dans vingt minutes.
... Les voilà. On réagit très rapidement. Démarrage moteur. Jac affale les voiles...
Les cargos se croisent. Nous sommes à quelques mètres seulement de la rive, pour leur laisser la place de se croiser. Il y a encore du fond. Ça tombe bien car on n'avait pas le temps de remonter la quille. Tout se passe bien. Pas trop de sillage. On repart, sous foc seul.
Nous poursuivons la remontée du fleuve jusqu'en fin de journée. Le paysage est très plat, sans végétation, presque monotone mais reposant.
Bateaux de pêche (crevettiers)

Un cargo nous double. Pavillon La Barbade (Petites - Antilles). Très discret, il n'était pas affiché sur l' ordinateur. Mais il ne passe pas inaperçu.
On mouille pour la nuit, à la hauteur de la balise no. 20, hors chenal. Il reste encore 6 m de fond, pas loin du rivage. Nuit très calme, les oiseaux se sont tus, l'eau n'a qu'une ondulation. Un cargo passera dans la nuit, faisant un gros clapot. C'est tout.
Dimanche 24 avril : Réveil magique. On entend les oiseaux, et surtout les claquements de becs des cigognes. Chaque arbre mort a son nid. On en voit aussi sur les balises qui délimitent le chenal. Quille haute, nous allons à quelques mètres du rivage. Les photos parleront mieux pour décrire ce spectacle.



On se rapproche de la berge, le plus près possible...Il y a encore 4 à 5 m de fond, à marée basse. Mais attention cependant car hier on s'était échoué près du bord. On se parle à voix basse. Le ronronnement du moteur ne fait pas fuir les habitants à plumes.




Nous reprenons notre route au moteur. La visibilité est de 100 m, puis 50 m. Jac me dit qu'un cargo nous verra au radar et sonnera la corne de brume, et qu'on ne croisera pas de voiliers descendant contre vent et courant. C'est tout de même très dense. Par moment, on ne voit plus les rives. On avance en suivant le bateau sur l'écran d'ordinateur.
Encore des bateaux de pêche, comme des fantômes, le long du fleuve. Ils ne bougent pas. On n'en a vu qu'un seul où les pêcheurs s'activaient autour.

La brume finit par se dissiper. Le soleil commence à bien chauffer. Plus on progresse, plus les arbres apparaissent, de plus en plus feuillus.
Les rives du Guadalquivir

Une belle hacienda

Coria del Río

(les 2 fils, c'est une ligne haute tension, très haute)
Nous arrivons à Gelves pour le déjeuner.
Un gros stress de courte durée en passant sous la ligne à haute tension, à l'entrée (encore une).
Notre tirant d'air est de 14 m. Hauteur indiquée 19 m… ou 16,50 m ? Mais c'est marée haute. Les fils semblent plus hauts côté bâbord. Nous avons gardé la quille haute. On rase donc les murs à 1 m de la rive gauche (encore 6 m de fond), vitesse 0,01 nd. Ouf ! Ça passe.
Devant la petite marina de Gelves, une dizaine de voiliers sont au mouillage. On descend l'ancre un peu à l'écart des autres bateaux. On décompresse. Nous sommes à la campagne. Les oiseaux chantent et quelques oies (oui, des oies, pas des canards) naviguent à l'affût de leur déjeuner près des voiliers.
Nous ne tardons pas à aller à terre en reconnaissance des lieux.
